Vers l’orange

Le sombre automne s’est abattu
Les bruns et les ombres s’enfoncent comme toi dans le bois
Devant, une lueur fugace, tenace
Vif l’orange.

25 novembre. Ces oranges ont fait remonter à mon souvenir mon portrait numérique intérieur réalisé au printemps dernier par l’Atelier aléatoire. La vision m’avait d’abord fort surprise, puis je m’étais reconnue… bright mais flippant ?

réalisé par Atelier Aléatoire de Thibaut Camdessus.

 

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La nuit le jour

Il reste des bouts de nuit sur les billots.
La joue sur ces coussins de velours profond,
Sombre dans le trou noir.

5 novembre 2017. En quelques semaines d’humidité les billots que nous avions placés autour du foyer pour les feux des soirées d’été ont été pris d’assaut par des champignons déterminés. Leur texture au toucher est à la fois vigoureuse et raffinée. Je découvre qu’il s’agit de tramètes versicolor, des polypores qui peuvent revêtir une grande gamme de couleurs, du bleu foncé à l’orange, du vert au marron en passant pas le blanc, le beige ou encore le gris sombre. Ce sont des  champignons non seulement immangeables en raison de leur dureté mais également toxiques. Nous devrons trouver d’autres sièges l’été prochain. La nuit tombe tôt à présent, je rentre.

Dans la nature de vrais petits bijoux

Inspirée par le petit monde qu’elle a observé tout au long de l’été, la nouvelle collection de boucles d’oreilles que nous présente ninidegreen en cette rentrée séduit déjà par son originalité. En avant-première, voici quelques unes de ses pièces maitresses, qui déclinent les formes souples et imaginatives de la nature.

Sous les feuilles, dans les branches, suspendue aux tiges, sur la balançoire des fleurs ou rampant près des racines, minuscule et discrète dans les espaces élargis, la vie. Et voilà à nos oreilles les légers battements d’ailes d’un papillon, le frémissement intime d’un cocon, les vibrations des galeries d’une fourmi, le vibrato des membranes d’ailes d’une fausse abeille.

Des boucles d’oreilles si vivantes que, de retour à l’urbain, on aimerait les faire vivre dans nos intérieurs.

Boucles d’oreilles en cuir de récup, animal en voie d’expansion.

Remerciements à leadotblossom pour ces photographies prises sur le vif.

Escapades estivales en forêts

Cet article pourrait aussi s’appeler « sortir le nez de sa forêt ou les bienfaits du dépaysement ».

Histoire de commerce des arbres

Avec une lecture d’été d’abord : A l’orée du verger de Tracy Chevalier est une épopée humaniste de la conquête de l’ouest vue sous l’angle de pionniers passionnés d’arbres et de botanique. Personnages fictionnels et historiques s’entremêlent dans cette histoire de commerce des arbres, comme John « Appleseed » Chapman, figure majeure de l’introduction des pommiers dans l’Ohio, ou mon préféré le courtier en arbres et graines William Lobb, qui parcourait le Nouveau Monde en quête des espèces nouvelles et spectaculaires réclamées par les riches Anglais pour décorer leurs parcs et domaines. On retrouve facilement les photos de l’époque de la « découverte » des redwoods et autres sequoias géant et les débuts du tourisme dans les futurs parcs nationaux. J’imagine bien la nuit de petits personnages valsant sur la souche – à leur échelle géante – de notre grand sapin abattu devant la maison.

Promenade à Dennebos, aux Pays Bas

Autre voyage en forêt, celle de Texel, la plus grande des îles frisonnes aux Pays-Bas, dont nous revenons. Peu de paysages « naturels » tout au long de la côte néerlandaise et la forêt de Dennenbos ne l’est pas non plus : assez étrange du coup de se promener dans une forêt créée de toute pièce, et c’est là tout ce qu’elle a d’extraordinaire, car ce n’est pas du tout pour elle que l’on va sur cet archipel ! Implantée sur les dunes au risque de déséquilibrer les sols, pour fournir du bois aux habitants, elle est maintenant un lieu récréatif, donnant un peu de répit par rapport au vent et de l’ombre quand le soleil donne vraiment. Même l’écrivain et défenseur de l’environnement Jacobus P. Thijsse (dont la statue est en lisière, dans les magnifiques paysages – naturels – de dunes) en avait finalement admis la présence. C’est une gentille forêt de chênes et de pins, pas très haute, claire, tranquille… que l’on traverse avant de retoruner se faire fouetter par le vent dans les dunes et sur les plages !

 

Un lièvre passe

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La route le chemin le sentier
Au fond de la forêt marcher
La truffe humide sur les hauteurs
Du fin fond du pays de Salm
Qui a perdu ses semelles d’acier ?
Du bois flotté a fait surface
La buse de 20h02 est en retard
Le sentier le chemin la route
Un lièvre passe, vite.

 

28 mai 2017. De l’autre côté du massif sur lequel nous nous appuyons, après avoir passé le col du Hantz, nous avons pris la direction de Salm pour une belle randonnée au cœur de ce qui fut autrefois la seigneurie de Salm-en-Vosges puis la principauté de Salm-Salm : l’histoire de ce pays m’intéresse et se révèle palpitante,  mais d’une complexité… aujourd’hui marchons simplement, dans l’ombre presque rafraichissante de la forêt. Sur la route du retour, un énorme lièvre nous fait le cadeau de traverser sous nos yeux.

Le circuit de la chatte pendue et du chateau de Salm.